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PhilouNAMASTE - VANAKAM - TASHI DELEK FROM INDIA 10 giugno Pondicherry 9Kikou les lutinous, Cela fait longtemps que je ne vous ai donne de nouvelles. Sachez que je ne suis plus connecte internet mais que je continue a penser a vous. Des choses tres intimes se sont passees ces derniers temps et les seules choses que je puis vous dire relevent de l'amour. Mon coeur chante, ma spiritualite s'enracine et mon etre est en paix. Je vous souhaite a tous pareil bonheur. Desormais, l'adage "Pas de nouvelles, bonnes nouvelles" est de mise. Je continue mon chemin, je compte fermement m'etablir en Inde et vous en dirai plus lorsque tout cela aura pris forme. Je vous embrasse bien fort. Si vous desirez me contacter, le plus simple desormais est de m'envoyer un sms sur mon mobile. Vanakam, les amis. Bonheur et paix. Philou
23 maggio Pondicherry 7Nous revoilà, ma muse et moi, pour te conter ce qui nous vient à l'esprit, ce que l'air du moment nous inspire, ce qui fait notre vie en ce moment. Et toi babaji tu es encore là? Ça rigole pas tous les jours tu sais même lorsque l'on est en vacances. J'aime pas cette expression, je ne suis pas venu en visite touristique en Inde. Je n'aime guère ce genre de chose mais si ça plaît à d'autres, pourquoi pas? Comme ce Français, je ne suis pas xénophobe mais faut te dire que ceux-là, ils ont quand même quelque chose de particulier qui va droit à côté de mon coeur, du moins ceux que je rencontre sur ce chemin. Ce mec, notamment, qui vient dans une guesthouse, qui s'accapare la terrasse, qui croit parler au soleil parce qu'il s'expose des heures sur le roof, qui est incommodé par tout ce qui ne lui convient pas, j'avais envie de lui dire "Mais va à Auroville, mon vieux et inscris-toi dans une des sectes". En lieu et place, le triste sire s'est pointé un soir à la terrasse et a gueulé "Mais qu'est-ce qui se passe ici?"; Valentino et moi occupions le lieu en écoutant une douce musique et en regardant les photos des écoles sur le labtop, une cigarette et une bière à la main. Ma réaction eut été de l'envoyer paître mais Valentino a répondu le premier en lui expliquant ce que nous regardions, sans animosité aucune. Ce beau Français bien bronzé, bien baraqué et bien ignorant s'en est retiré. Nous ne l'avons plus vu depuis. C'est vraiment dommage de faire autant de kilomètres pour ne faire que du brun sur du blanc qui refera du blanc avant que le brun ne reprenne place, vive les vacances! Bref, péripétie, mais quand même, cela vous montre combien le voyage peut être différent... La porte d'entrée, sans penser à la porte de sortie, et toutes les portes s'ouvrent... Surtout celle du coeur. Ces hindous, je les aime particulièrement. Ils se prennent pas la tête, pour la plupart j'entends, vivent et adorent.... dormir, oui oui, dormir, n'importe où, quand l'occase se présente, et paf: bonjour Morphée. Ils sont adorables, sourient pour un rien (voir mon jeans troué, c'est sujet à blabla et à sourires...). Peut-être passerais-je le reste de ma vie ici, pour y mourir, pour y vivre surtout. Il est dit ici que le lieu où l'on meurt est le lieu où l'on renaîtra... Va pour l'Inde. Je ne tiens pas à mourir déjà (n'aies pas peur Mamy, ni toi Moumousse, ni vous mes amis), je veux prendre la vie comme elle est ici, ça me paraît beaucoup plus simple. A quoi sert de faire compliqué? Ils ont une lumière de vie qu'en d'autres endroits je n'ai pas reconnue, mais pour voir cette lumière, il faut en passer des étapes (tu te souviens du Philou plaintif décrivant tous les inconvénients, les aléas et blablabla) mais cela n'est rien, rien de rien (non je ne regrette rien, ni le mal qu'on m'a fait ...) face à la beauté de cette civilisation (maintenant que je suis dans le sud, j'ose dire ces civilisations) qui ont gardé quelque chose qui n'est guère définissable, guère exprimable et qui ne prend sa dimension que dans le ressenti. Si l'Inde me parle? Oui, tu le sais déjà... Comme les vagues, l'océan, les slums, les enfants, les écoles, les trains, tout, pratiquement tout fait écho en moi. Te dire pourquoi ici et pas en Belgique ou en Suisse, ou en France, en Espagne ou ailleurs, m'est difficile. Faut-il une raison? Je suis las d'une société européenne qui ne fait que vieillir sur des principes économico-libéraux et qui ne tient compte que du faire, de l'avoir et non de l'être. La liberté et l'économie ne vont pas de pair à mon avis et si l'Inde n'est pas le paradis, au moins ici, il est possible d'évoluer en harmonie avec ce qui t’entoure, nature, gens, institutions, et prendre des libertés qu'ailleurs tu ne trouves plus. Je ne suis pas utopiste, je te dis ce que je vois, ce que j'apprends, et vérifie... Tu sais, j’ai honte quelques fois de ne t’écrire que ces quelques lignes car tant de choses m’interpellent ici; je devrais t’écrire jour et nuit. Et de cette araignée, petite, toute petite qui pendant le temps que j’urinais se faisait une fourmi quatre fois plus grosse qu’elle, la nature... tu aurais dû le voir pour le croire. Là mon ami(e), je vais te laisser, il est tard et je dois me soigner. Tu sais, douche, et redouche, avant d’aller me coucher. Merci de ton attention. Elle m’est chère. Vanakam (n’oublies pas, se prononce Ouanakam). Philou Je ne t'ai pas publié ce billet en temps utile, pourtant il était prêt, mais les circonstances électroniques, les disponibilités d'ordinateurs, les connections ont fait que..., tu vois, l'Inde est tellement différente... Il faut lire à l'endroit et à l'envers, tourner comme un derviche et accepter la roue de la vie, la swastika, qu'un ignoble personnage occidental a utilisé à mauvais escient; tel est son karma, dit-on ici et fort probablement renaîtra-t-il sous une forme bien moins enviable... Pas de prob pour moi, je te publie le billet néanmoins, par ce temps, ma muse et moi avons décidé de prendre quelque vacance... Fainéant que nous sommes... J'te dis merci et Vanakam; Prends bien soin de toi. Philou 22 maggio Pondicherry 6Kikou les tis lutins du Nord, des contrees froides,
Un ti bisou du Sud empli de chaleur, ca vous fait du bien? Alors SMACK. Si pas, ben voila... Je reviendrai vers vous plus tard avec un billet plus bavard... Probleme de transfert de fichier. Incredible India!
Je vais mieux, bien mieux pour tous ceux qui s'inquietent, pas de raison. Be kind for yourself. A plus.
Vanakam. Philou 19 maggio Pondicherry 5Kikou les tis lutinous, les babajis si vous faites partie des brahmanes, baboujis si pas... Vous êtes là? Moi aussi, sous les cocotiers et un toit de bambou. Sourires... rien que pour vous faire envie... Suis un ti coquin, non? Le plan de voyage est fait, il ne reste qu'à attendre que mon banquier suisse se réveille. Rires. Donc, dès que ce bouddha là s'éveille et que Maria (une autre bouddhéité que d'avance je remercie) m'envoie l'argent, ce sera le Kerala. De Pondicherry à Chennai, en bus, ensuite le train express vers Ernakulam, voyage d'une nuit. Là je descends vers Alappuzha, dans une guesthouse que m'a vivement recommandée mon ange du moment, Valentino, membre de l'Ecole soudaine, actif aussi dans des organisations caritatives italiennes. Je me dis que j'ai quand même de la chance quand je regarde ma vie. Depuis ma naissance, des parents magnifiques, une petite soeur sortie d'un conte de fées, toute une famille gentille et attentionnée, aimante, des femmes encore et encore des femmes, plus belles les unes que les autres, des amis chers (j'te parle pas d'argent, la, le suisse, rires...) et tutti quanti. Mon ami Valentino, dans ses si chers (...) koans me dit que quand les cochons sont repus, ils choisissent. Faut croire que j'ai choisi depuis la naissance, suis né repu, une fois (Belgique, tu me manques toi!!!). Si loin de vous, je constate combien vous me manquez. La mer me parle, cet endroit est magnifique et je ne vous l'ai pas encore dit, Pondicherry est une ancienne colonie française, et cela se voit. J'allais oublier de vous dire la température d'ici: 37° en moyenne. Parfait, surtout lorsque l'on est en bord de mer, de l'air, de l'écume, de l'iode, du sel... De là où je vous écris en ce moment. A oui, je vous parlais du projet de voyage, me revoilà! Le tenancier de cette guesthouse s'occupe également de la location de bateaux et je compte bien visiter les backwaters, les îles et les villages, paraît que c'est magnifique, enfin c'est pas tout à fait le mot qui convient à l'Inde, ce pays est mystérieux, surprenant, chargé de tout un tas de choses qui vous laissent pantois, et aussi qui vous émerveillent. J'imagine le Kerala: jungle et nature, traditions ancestrales, nourriture exceptionnelle (langoustes, homards, et épices, pures, vraies, un régal pour le palais... Kikou Véro!). Après, la suite... Pas triste. Munnar: dormir dans les plantations de thé et d'épices; vous voyez le lieu en photo et vous avez compris, un rêve, lieu idéal pour méditer ou écrire, ce que je fais rarement ces derniers temps, sorry. Vert, plein de senteurs, d'odeurs (purée, je voudrais relire "Le parfum"). Ensuite le Karnataka, les plages et les ghats, les marches de l'Inde. Mysore et Bangalore, lieux où je trouverai avec certitude les vêtements et autres choses que j‘importerai. Je vous en reparlerai; promis. Mais là, pour l'instant, quelques ennuis de santé, je croyais au premier abord à une allergie mais il est plus vraisemblable que ce soient des bêbêtes que j’ai embarquées dans mes bagages et qui vous empoisonnent la vie... Alors, les remèdes? Ben, faut passer à la désinfection, au remède et à la protection. Désinfection? Eau bouillante (vous parlez d'un supplice par ces températures!) et même si j'ai opté pour la non violence, l'insecticide est de mise. Protection et traitement? Ce qu'on fait de mieux, je crois: l'Ayurveda. Je suis bientôt dans la région et on n'imagine mal tout ce que ces hindous (et oui, bien sûr pas hindis, hindi c'est la langue, mais le terme me plaisait plus, voyez-vous?) ont pu récupérer de la nature et de ses bienfaits. Alors, je me soigne avec une poudre à passer sur tout le corps (tout , après être passé sous l'eau, 10 mn d'attente, redouche et je vous jure (pq jurer? vous me croyez, non?) que cela fait un bien fou. Et puis, doucement mais sûrement s’installe une certitude en moi: ce pays me plaît plus que tout autre, j’en avais déjà l’intuition à 15 ans. Je ferai peut-être la seconde partie de ma vie ici. A voir, avec Valentino notamment. Les possibilités vous donnent le tournis, mais cela mérite réflexion. J’y reviendrai donc... Et puis, question projets, garder à l’esprit que mon prochain souffle pourrait ne pas avoir lieu, et qu’il est préférable d’être bien dans cette situation. Je le suis. Philou, malade (pas encore mort... Sourires... Je dois encore vous embêter un ti temps) et heureux (si mon banquier, bla, bla, bla...) te salue. Vanakam. Portes-toi bien. Be kind for yourself. Bizzzzzzzz
13 maggio Pondicherry 4Kikou les tis lutins,
J'ai fais un saut sur internet et n'ai aucune nouvelles de votre part...
On fait avec ou sans. M'en vais ecrire au Seagull. Il parait qu'il y a des dauphins ici. Je n'en ai pas encore vu mais je vais chercher... Je souhaite un bonne fete a toutes les mamans... et la mienne en particulier. Gros bisous Mamy cherie.
Vanakam les tis loups (ca se prononce ouanakam).
Philou 11 maggio Pondicherry 3Salut toi, tu es encore là? Moi aussi tu vois... Ailleurs, en Inde du Sud, au bord de la mer, ah oui je te l'ai déjà dit, hier et avant-hier. Le temps (tic-tac) pour moi, ici, maintenant ne me prend plus la tête... En revanche le temps vs météo, là j’en ai bavé (sué est plus approprié). Je me suis payé une vague de chaleur dans le nord de l’Inde, assez rare à cette époque. Résultat: des dizaines de morts et la capitale indienne qui doit imposer la fermeture de tous les lieux publics à 19h30 en vue d’économiser l‘électricité, oui oui... J’aurais pas aimé être à Delhi en ce moment, mais même sans ça (tu vois quoi!). Le problème de l’électricité est réel en Inde à un point tel que les Etats se volent le jus les uns les autres. C’est vraiment un pays surprenant, non? On commence par quoi today? Va pour les derniers temps de Bodhgaya. Philou s'en est allé et a dit au revoir (?) à ses amis, un au revoir comme les autres, dans la douleur mais aussi avec le sourire, et pour tout vous dire il y en avait un peu marre de cet endroit religio-touristique. Les dernières écoles, je les ai vues et grandement appréciées, les gens aussi, enseignants et équipes accomplissant un travail exceptionnel, bien que je n'aime guère les superlatifs. Mais ils existent eux aussi et sont à leur place lorsqu'on les utilise à bon escient. Et dans le cas d'espèce, je ne crois pas que le terme exceptionnel soit déplacé. Philou s'en est allé aussi en offrant 6 kg de riz à un enfant et sa famille en n'omettant pas de dire à ce môme que s'il persistait dans la voie qu'il a choisie (ou celle qui lui a été imposée), celle de ne pas aller à l'école et de continuer à séduire les touristes, il ne pourrait retourner en arrière et de l'inviter à prendre conscience que c'était important à un point tel que le reste de sa vie en dépendait; je crois qu'il a compris, lui qui a baissé les yeux, mais lui aussi qui participe à la survie de sa famille: dans ce cas, pas d'échéance, le maintenant, l'assiette est pleine ou pas, that's the question. Il est facile d'Occident de condamner la mise au travail d'enfants et je la condamne également, il est toutefois souhaitable de venir voir sur place pour pouvoir se faire une idée du tableau, ça aide à la relativisation chère à Sir Einstein. Dans le même temps, le ti filou se faisait délester de quelque argent par l'indien le plus faux et le plus vicieux qu'il ait rencontré sur sa route, le tenancier de la guesthouse Ram's. Puisse cette triste expérience et cette erreur de ma part éviter à autrui d'en vivre de pareille. Si vous allez à Bodh, les amis, l'endroit à éviter est celui où j'ai logé. La vie est faite de choix, bons et mauvais, il en est ainsi. Puisse cet être réfléchir aux conséquences de ses actes. Une chose est sûre, c'est que pour lui, il n'y a pas de place dans mon coeur. Je pense pouvoir uniquement compatir à son énorme souffrance, qu'il se délecte à entretenir, mais là n'est pas mon problème. Considérations touristiques ensuite... Le trajet pour Pondicherry. Je ne te dis pas... Faut du courage pour voyager en Inde: le bus entre Bodh et Patna à lui seul mérite un roman. Et Gaya, bon Dieu, que c'est ... pas de mot pour un lieu pareil. Je ne m'appelle pas Martial (coucou Mati!) et n'ai pas son expérience de l'Inde, et ce lieu là, c'est trop, too much pour moi. Patna-Chennai, deux nuits de train, trois jours de voyage, pas jojo mais le jeu en vaut la chandelle: traversée de l'Inde par le centre (Madya Pradesh, Andhra Pradesh), des paysages magnifiques, inoubliables. Chennai (ex Madras) et nous voilà quasi dans un autre pays. L'Inde du Sud n'a pas grand chose à voir avec l'Inde du Nord: plus organisée, moins stressée, parce que plus riche aussi. Et le bus de Chennai à Pondicherry, des endroits beaux à couper le souffle, surtout vers Mamallapuram, vous vous croyez dans une carte postale: la mer, les palmiers, les lagons, le soleil rouge, les huttes et les cocotiers. Là je reprends la suite de mon récit face à la mer, au Seagulls, sur un roof. A l'ombre du soleil, vue sur la mer à travers une flopée de cocotiers. Je ne peux pas te parler de tout, vois-tu. De surcroît, ces derniers temps, nous n'étions pas très en verve, ma muse et moi. Je crois que cela ne se commande pas et perçois l'énorme difficulté d'écrire ce que l'on a envie, de la meilleure manière possible et sans souffrance. Pas si simple, le projet. A Pondi, j'ai trouvé un endroit où je pourrais m'y mettre et même remettre tout le reste du voyage en question. Il me faut attendre les tunes de la Suisse, ensuite j'aviserai. Le lieu dont je vous parle est merveilleux, chambre double, balcon avec vue sur la mer (l'océan), une annexe à l'ashram de Sri Aurobindo... Là, c'est sûr, je pourrai commencer à écrire le roman que j'ai tellement envie d'écrire, en regardant la mer et les cocotiers, en écoutant le chant des vagues, et tutti quanti. Cela coûterait 300 roupies par jour, soit 9 FS ou 6 Euros, c'est pas la mer à boire non? Mais pour l'Inde, c'est pas mal d'argent... Nous sommes le 11 mai et pour des raisons de sousous je ne pourrai me rendre à KanniYakumari (la fille à marier ça veut dire...Je ne suis quand meme pas fou?) le 13. Ben voilà, plus tard peut-être, pour une prochaine pleine lune; le Kerala, si j’y vais, ce sera non par le sud que j’y rentrerai mais par le nord, après avoir traversé les ghats (marches). Je vous parle chinois, ben non hindi, ça me parle plus. Vous avez entendu parlé de leur dernière connerie, aux chinois, des ChinuusenStuuts, dit-on en Bruxellois: la construction d’un barrage entraînant la formation d’un lac de retenue dont la surface dépasse la superficie de l’Italie, avec pour conséquence probable le déséquilibre de toutes les régions environantes, Tibet et nord de l’Inde compris. C’est un anglais qui m’en a parlé, il fait le tour du monde à vélo... Voilà ti lutin, m’en vais te saluer à la manière indienne du sud... C’est comme Namaskar, ici ça se dit Vanakam A plus et encore merci à toi qui me lis avec tant de fidélité. Et si par serendipity tu fais partie de ceux qui me laissent des commentaires, sache que chacun me va droit au coeur. 10 maggio Pondicherry 2Salut toi, Babaji
Je te prepare un ti billet pas pique des ver(re)s. Poetique? Pas vraiment, mais il se pond, le cheri, lentement, comme la vie ici, entre le lever et le coucher, du soleil t'as devine... C'est vraiment marrant d'ecrire sans accent! L'Inde, quoi...
Je fais lentement donc, mais sache que je vais bien et que les tracas et les aleas sont moindres que les emmerveillements et les arrets sur image, belles, tellement belles, a en pleurer (de bonheur, va sans dire). Je te souhaite a toi, le bonheur. Va pas trop loin, il est au creux de ta main... Namaskar, j'ai pas encore integre la traduction du sud, je te dirai plus tard. Par trente cinq degres et avec l'air de l'ocean, le bonheur quoi... je te remets mes amities, lecteur des contrees froides. Et les lectrices, on en fait quoi, merde! A toi aussi, lectrice de mon coeur. Bisous chal heureux et prends bien soin de toi. Philou 09 maggio Pondicherry 1Coucou toi,
Je suis bien arrive a Pondicherry et te prepare un billet aujourd'hui ou demain. Beaucoup d'intendance ce jour. Je t'embrasse et t'envoie l'air de la mer, du golfe du Bengale en particulier. Philou 05 maggio Bodhgaya derKikou les tis lutinous,
C'est la fin de mon sejour a Bodhgaya. Je me prepare au depart et cela n'est pas jojo de quitter l'equipe biharie des ecoles de la terre. Mais je fais avec et pense au trajet qui nous mene dans le sud. J'espere que vous allez bien. J'ai pu constater que les temperatures etaient de plus en plus clementes dans vos contrees. Ici, toujours la folie. Ca oscille entre 46 et 52 degres, tempetes de sable, coupures d'electricite incessantes, pas ou peu d'acces internet, bref les vacances pour Philou. N'attendez pas de mes nouvelles avant 3 jours minimum mais si cela vous dit, laissez vos comments ou envoyez-moi un mail, ca me fait toujours plaisir. Si communication urgente, comme d'hab, le tel ou un sms, pour autant que j'ai du reseau... India... Je vous laisse et m'en vais verser une larme sur mes bagages 03 maggio Bodhagaya 11Hello les amis de la-haut,
Je vous delaisse quelque peu, faut vous dire qu'ici ca devient in(sou)tenable. Les corps se trainent, les boissons coulent a flot mais se desalterer n'est qu'illusion, les douches ne se comptent plus, les efforts oui, sur les doigts d'une main, ciquante degres mes amis. Compatissez, s'il vous plait. Une goutte de sueur coule sur le ventre, une autre dans le dos. Le cerveau est au repos, la muse en lethargie, et Philou vous salue car il va preparer le depart vers d'autres contrees, le sud. Trajet de 3 jours. Ce ne sera pas de la tarte. Patna, ensuite Chennai et Pondicherry, je vous l'ai deja dit, non? Bon, a plus. Vous envoie de l'amous et une pluie (j sais plus ce que c'est ca!) de Namaskar. Ti mot a Martial... Tes mots me vont droit au coeur, merci a toi et a Marie.
Bizzzzzzzzzzzzzzzzz 01 maggio Bodhgaya 10Kikou ti lutinou, On parle de quoi aujourd’hui?... d’enseignement, d’animaux, de condition féminine, des indiens, de spiritualité et de religions, du Bihar, de Naxal, des bandits. Multiple choice...Sourire... c'est moi qui "choise"... Et mon moi je de se délecter une nouvelle fois, coquin qu'il est celui-là! Enseigner dans les écoles? Pour parler de cela, il me faut te rappeler que je ne suis pas membre de l’ONG Écoles de la Terre et que ce que je pense, écris, transmets, dis n’engage que moi. J’ai vu toutes les écoles, sauf la tite dernière de Jaisalmer. Les lieux et conditions sont différentes d’Etat par Etat, et il n’est pas raison de comparer donc. Même si... La structure est la même, Jaisalmer et le Rajasthan n’étant pas encore fonctionnels au moment où j’y étais, je ne peux me prononcer mais je doute fort que ce soit fort différent des autres structures. Un directeur-enseignant, des enseignants (la plupart d’entre eux donnant leur matière de prédilection), un coordinateur, une équipe médicale ou un médecin. ... Au moment où je t'écris, la tempête se lève et je dois arrêter, ce n'est plus possible, du sable vole, des branches tombent, des chaises se font la malle, et nous rentrons nous protéger de cette nature qui ne daigne nous donner une goutte de pluie, qui fait tant défaut ici. La mousson s'annonce tardive et cela posera de gros problèmes, en particulier aux Biharis. Imagine que c'est un des (ou l') Etat les plus pauvres de l'Inde, que de mousson il n'y a eu ces deux dernières années et que par conséquent les récoltes sont aussi rares que la pluie, et les roupies qui font vivre la famille et le riz qui la nourrit (souris!) également. Des plans d'urgence sont mis en place par les autorités mais ce ne sont que rustines sur une chambre à air prête à exploser. Ca ne roule plus dans le Bihar, la plupart des gens sont dans des situations désastreuses et comment peut-on s'étonner qu'une situation pareille engendre suicide sur suicide, délinquance organisée (les bandits), Naxal, organisation ayant distribué des terres et viennent chercher la dîme (oui c'est le Moyen-âge!), sous peine d'exécutions sommaires, de villages entiers brûlés, et j'en passe. Ajoutez-y un fleuve de corruption à tous niveaux (politique, police, etc.) - les fleuves sont asséchés alors que la famille de corrompus déborde de son lit - et, cerise sur le gâteau, un groupe d'activistes maoïstes qui plastiquent ce qu'ils peuvent, les gares et les lignes de chemin de fer surtout. Sache aussi que si 50000 enfants disparaissent , par an en Inde, 25000 petits Biharis en font partie, enfants servant à la quête d'argent, souvent battus et molestés, nombre d'entre eux voient leurs membres inférieurs brisés et passent le reste de leur vie à ramper, pour rapporter quelques roupies de plus. C'est plus touchant et le touriste plus enclin à laisser quelques piécettes. Abject... Le tableau est sombre n'est-ce pas, je pense toutefois ne pas l'avoir noirci. Et les coeurs, les sourires et l'amour font toujours partie intégrante du tableau, oui oui, sans aucun doute, il n'y a qu'à passer quelques temps dans les Écoles... où je t'avais laissé avant la tempête. Je n'enseignerai pas, je ne pense pas que cela soit nécessaire, voire adéquat. La seule matière que je pourrais enseigner est l'anglais mais force est de constater que l'anglais de l'occidental que je suis n'est pas le même que l'anglais pratiqué ici par les hindis. C'est surtout la prononciation qui est différente et il n'est nul besoin de leur compliquer la tâche qui est la leur. Ce sentiment n'est pas partagé par tous puisque des volontaires enseignent l'anglais ou organisent des activités créatives ou récréatives. J'ai compris avec un simple mot de Valentino, qui ému aux larmes lorsque je lui ai montré les photos des enfants, m'a dit: "Je me suis trompé (il a adopté 3 enfants hindis, sans les avoir vu une seule fois), m'a-t-il dit, il faut voir les enfants et ils savent alors que l'on s'intéresse à eux et qu'on s'en occupe, qu'on en prend soin." Il a ensuite émis le voeu de rencontrer ces 3 enfants qu'il a aidés financièrement. Si simple que cela, faire acte de présence, pas comme un simple visiteur, être présent de tout son être et la mise en place de l'action se fait naturellement, du temps et de l'énergie je consacrerai à ce projet. Les modalités, je les trouverai dans les mots de mon ami Martial, qui ne sont que caresses, la motivation dans l'énergie de l'amour que m'ont transmis les enfants et enseignants et membres de l'organisation, et quoi qu'il en découle au niveau de la forme, mon coeur est prêt, il a trouvé un accord avec mon corps et mon esprit.
Que de fois me suis-je posé la question de la justesse de l'action humanitaire et des limites qu'elle se doit de respecter, faute de quoi elle risque de faire plus de mal que de bien. Déterminer le(s) besoin(s) qu'ont ces êtres, jeunes et moins jeunes. Pas avec les valeurs et les besoins occidentaux. J'y reviendrai à ce sujet avec ma muse. On a déjà imaginé tous les 2 une tite histoire, qui faute d'être déjà concrétisée sur papier, verra le jour lorsque le fruit sera mûr, avec toute sa saveur, sa fraîcheur, ses vitamines, cadeau de vie qu'il est et qui mérite que l'on en prenne soin. Je m'en vais samedi prochain, je t'emmène dans le sud... si tu veux bien. Je t'invite à voir le soleil jouer avec la lune, tu sais à la pointe sud, la pleine lune, c'est le 13! Je ne suis pas américain et pas superstitieux (mais non, ils ne sont pas tous comme ça!). Après douze et avant quatorze. Il est à sa place, comme toutes les feuilles sont à leur place. Petit sujet de méditation? Ce que la chrysalide appelle la fin du monde, le reste du monde l'appelle papillon. de Lao Tseu, je crois. Je te laisse. Je reviendrai vers toi avec d'autres sujets, des choses gaies, d'autres moins, faut voir ce que ma muse prépare. Au menu de nos souhaits pour toi: c'est toi qui choisis, aujourd'hui. Profites-en! Ah ah... Sourires. Namaste - Namaskar Babaji. Tashi delek. Philou 28 aprile Bodhgaya 9Namaskar toi, bel etre! Bientôt je serai dans le sud et te saluerai différemment. Donc, le plan de voyage est le suivant: probablement vendredi prochain, bus de Bodhgaya à Patna et de Patna, train direct pour Chennai (anciennement Madras). Là, descente vers Pondicherry. Ensuite descente vers Kanyakumari, "The Land's End", où vous rencontrez l'Océan Indien, le Golfe du Bengale et le Golfe Arabique, un regard vers la gauche le matin pour voir le soleil se lever, à droite le soir pour le voir se coucher. Avec chance, à la pleine lune, les astres jouent ensemble. De là, le Kerala, ses 900 km de rivière, de canaux et de lagons (les backwaters), les plantations de thé et d'épices, les jus de cocos, les éléphants, et le berceau de l'Ayurveda. Ensuite le Karnataka, Bangalore et ses magnifiques tissus, et puis, on verra, retour probable par Pondicherry. Plus de Varanasi dans le programme. Pourquoi? Par mesure de précaution. Je vais devoir compter avec la mousson et les températures et Varanasi, fin juin ou début juillet, ce serait pour le moins risqué, voire irréfléchi. Je n'en suis pas là. Là, à l'instant je dégouline, et ce n'est guère aisé de t'écrire et te dire tout ce que j'ai à dire. Sur le Bihar, la condition féminine, l'Inde, Naxal, les bandits, la politique, la corruption, les enfants; le beau et le très beau côtoyant le laid et le très laid, l'Inde du Nord me laissant sans voix devant tant de contradictions. Qu'en sera-t-il en Inde du Sud? Une chose est sûre, elle est très différente. A commencer par les Indiens. Je vous en parlerai bien volontiers plus tard car, mes cellules cérébrales fonctionnent au ralenti, ma muse somnole et bibi tente de t'écrire dans le grand sauna qu'est Bodhgaya en ce moment, sauna question climat, grand sana(torium) spirituel oserais-je. J'arrête, sorry! Je pense à toi. Je reviens plus tard lorsque les conditions seront meilleures et que j'aurai recouvré mes facultés intellectuelles, spirituelles et littéraires, si faibles soient-elles. Bisous. A tout soudain, comme on dit au pays de la croix (blanche). Tashi delek. Philou 27 aprile Bodhgaya 8Salut toi,
Je prepare un ti ou gros billet pour demain, faut voir comment ma muse est lunee. On va, Valentino et moi, quitter Bodhgaya car la region devient de plus en plus chaude. Je te parle pas que de meteo, les maoistes et l'armee indienne vont en decoudre et l'endroit devient de plus en plus tendu. Je te laisse a tes preoccupations occidentales. Sourires... Je t'embrasse bien fort. Namaskar ti lutin du nord. Philou 26 aprile Bodhgaya 7He toi, SALUT!!! Ça va chez toi, en toi, autour de toi? A nouveau tu viens me visiter. C'est gentil et j'apprécie énormément, c'est un cadeau que tu me fais. Philou a repris sa muse et t'invite sur le chemin (ou est-ce ma muse qui me (nous) promène...?). J'ai repensé à ce que je t'écrivais au sujet de la liberté, versus Krishnamurti, et me suis souvenu que Dhiravamsa en parlait aussi, bien sûr (qui n'en parle pas?); alors on va se balader? Attention, la forêt des émotions est pleine de pièges, et pour les éviter, il me semble qu'il y a simplement lieu de faire comme on fait en Inde, ouvrir grand les yeux et le coeur et se laisser porter par la vague, sans avoir peur. Le truc je crois pour ne pas boire la tasse, c'est laisser aller, se laisser aller. Partant(e)? "L'attention, source de plénitude" - Dhiravamsa ... Les émotions relèvent de la conscience. Selon le Bouddha-Dharma, les émotions sont des états de conscience, des états mentaux. Un autre mot qui désigne les émotions est celui de contenu mental: colère, paresse, somnolence, anxiété, agressivité, nervosité, inquiétude - tout cela sont des contenus mentaux, des états mentaux. Cela explique pourquoi l'on ne trouve aucun terme particulier dans le Dharma qui désigne les émotions. Il y a un terme pour le sentiment, mais le sentiment n'est pas une émotion. Le sentiment est très faible comparé à l'émotion. Le sentiment est sensation, une forme atténuée de l'émotion. L'amour est en général une émotion. C'est un état mental. C'est l'un des 52 états mentionnés dans le Dharma. Parmi les 52 états l'on trouve le mot émotion. Même l'équanimité y figure en tant qu'état mental. Beaucoup de gens voient dans l'équanimité une attitude, alors qu'en fait il s'agit d'un état mental. C'est un état d'équilibre dans l'émotion. Ces 52 états, ici, j'en rencontre de multiples, si pas tous, nombre d'entre eux, tellement émotif je suis, attentif aussi. Dans son sermon sur cittanupassana le Bouddha parle également de voir le mental une fois qu'il est libéré - la liberté mentale. Sariputta (si des termes ou des noms bouddhiques représentent un quelconque obstacle, oublie-les, cela n'a aucune espèce d'importance, le bouddhisme n'invite pas à faire de nous des singes savants, au contraire, il nous invite à nous libérer de notre condition, de la souffrance). Sariputta, donc, dit que la liberté a 4 attributs: le premier est qu'elle est non mesurable, le second est qu'elle est non descriptible, la troisième est qu'elle est vide. Elle est sans contenu, sans substance. Rien n'y manque. Elle est pleine, au sens strict de l'être, non pas pleine d'objets. En elle, nous sommes dans la plénitude d'être. La dernière caractéristique est qu'en elle il n'y a plus aucun signe. Nous avançons sans indicateurs. Plus de conseils, plus d'étiquettes, plus de mots ni de symboles. Ah oui, j'oubliais, ce terme si galvaudé qu'est la liberté, elle peut paraître dangereuse, n'est-ce pas, si on la voit sous cet angle, mais en l'état de liberté, on est ou pas! Peu après son illumination, le Bouddha dit: "Mon esprit a atteint l'état d'inconditionné." Quand cet état existe, il y a libération. Si le Bouddha a pu faire l'expérience de cet état, chacun de nous peut très certainement y arriver aussi. Dans l'état inconditionné, nous sommes débordant d'amour; nous pouvons vraiment aimer, et sans conditions. Alors que dans l'état conditionné, nous aimons seulement sous certaines conditions. Krishnamurti ne disait rien d'autre dans "Se libérer du connu". Le Siddharta d'Hermann Hesse ne dit rien d'autre: "... Il avait entendu une voix, une voix dans son propre coeur, qui lui ordonnait d'aller se reposer là, sous cet arbre, et il n'avait point recouru aux mortifications, ni aux sacrifices, ni aux bains, ni à la prière, ni aux jeûnes, ni au sommeil, ni au rêve; il avait obéi à la voix. Obéir ainsi non à un ordre extérieur, mais seulement à une voix, être prêt, voilà ce qui importait, le reste n'était rien." Obéissance à soi donc, à sa liberté. Alors, alors... Simple, non, se déconditionner, se libérer, c'est aussi se libérer de tout conditionnement, y compris celui du Bouddha. Pourquoi? Son histoire, son éveil, et les enseignements qu'il en a tirés font partie de son expérience. Il nous a fait part de son expérience, nous a expliqué la voie du milieu et surtout, nous a invité à vérifier de nous-même. Cela ne signifie pas revivre sa vie, je pense exactement le contraire, c'est de vivre notre vie de manière à libérer le bouddha qui est en chacun de nous. Si l'histoire du Bouddha ne te convient, prends celle de Jésus, de Mahomet, de Krishna, Vishnu, Brahma, des Shamans, de quelque histoire que ce soit, en fait, c'est en venir au même point, mon ami(e), tout est en toi, tu n'as besoin de rien, tu es, cela suffit. De surcroît, protégé(e), pas extérieurement, intérieurement, donc plus de peur(s), un sourire, une joie, une confiance, une naïveté retrouvée, ce qu'ils m'ont montré ces enfants magnifiques que j'ai croisés sur ce chemin que j'ai pris et toi qui me suis, dans mes états d'âme, dans tous mes états de conscience... Je vais bien, mon ami(e). L'Inde est une symphonie à mon coeur. Cette musique, je la repasserai, la caresserai, l'arroserai, et ferai silence afin d'entendre chaque note, graver chaque image, ressentir chaque émotion. Un autre pays peut-être aurait eu le même effet, je ne sais. C'est l'Inde, maintenant, demain est un autre jour, un autre pays. Qu'importe? Ni le temps, ni l'espace. Le silence. A toi, l'ami(e) Tashi delek. Namaste. 22 aprile Bodhgaya 6Alors le ti bouddha, tu t'éveilles? Moi je (ça commence bien!) suis au stade du réveil; faut te dire qu'avec les températures de l'endroit, l'après-midi, c'est sieste. Je crois que ma muse a accepté elle aussi de sortir de sa torpeur. J'y ai mis beaucoup de tendresse, je l'ai réveillée comme je la couche, en lui chantant un air plein de douceur, telle une vague qui caresse la peau et laisse une impression de fraîcheur, et la fraîcheur rime avec bonheur. Ici tu n'en doutes pas un instant. Une goutte de sueur sur le front, je continue, c'est inutile de gaspiller de l'énergie pour ça, pas la peine d'essuyer, ça tombe tout seul, il suffit de vérifier que ta tête n'est pas trop penchée en avant (eh! le clavier de l'ordi, de bleu). Le rythme est totalement différent: tu te réveilles tôt, tu bois le chai car les endroits où tu peux trouver du "strong black coffee", ils dorment encore, seules les tites échoppes sur le bord des routes servent du thé à ces heures (6-7h), le plus souvent milk chai, du thé au lait quoi, mais rien à voir avec le thé au lait que l'on trouve en Europe, la manière dont un indien prépare le chai, c'est toute une histoire, et chacun a son secret, quasi rituel ici. Et comment je vais, moi? Moi et mon ti je? Ben, on se porte, on vit. On sourit, beaucoup, dans cette cité touristique qu'est Bodhgaya, bouddhistico-touristique, oserais-je dire. Des temples, des monastères, des bouddhas à te faire tourner la tête. Il n'y a pas que ça, toutefois; des mosquées et des temples hindouistes aussi. Tous vont voir l'arbre, dans le Maha Boddhi Temple. C'est pas l'arbre de la Bodhi, c'est une pousse de l'arbre, l'arbre est au Sri Lanka (Ceylan pour ceux qui ont raté le train). Et bien évidemment, vous croisez de multiples marchands du temple qui vous proposent d'acheter un morceau de l'arbre. Incroyable, on nous prend vraiment pour des cons, non? C'est pas grave... Je souris beaucoup car je vois des gens, nombre de gens qui vont et viennent en quête d'une quelconque révélation, déguisés avec le costume de fonction, courant après je ne sais quel secret, s'abîmant dans une méditation que vous ne sentez pas, que vous ne percevez pas dans leur regard, en perpétuel conflit tel des êtres à la recherche du nirvana (Où es-tu dis-moi...). Des toupies qui tournent, et tournent, et pourquoi pas faire encore un tour? C'est chouette, ça fait tourner la tête, et qui sait, le secret, je le trouverai peut-être au prochain tournant, et enfin rencontrer le graal, l'alchimie sera accomplie. Pourvu qu je ne rate pas le tournant. Bon il suffit. Je peux te le dire, sans peur aucune, sans retenue, sans regret, sans amertume, sans violence: j'aime tous les prophètes, quels que soient leurs noms. Je n'aime pas ce que les marchands en ont fait. Si la foi m'anime, elle ne l'est que par l'amour. Le Dieu qui punit, la croix et la souffrance qui m'ont été inculqués, merci, c'est pas pour moi. Le prêtre, le guru, le shaman ont-ils des choses à m'apprendre, un autre mystère à me dévoiler, eux qui détiennent le savoir, qui possèdent le trousseau de clés qui ouvrent les portes (la neuvième? pq pas la dixième?) et qui de secret en secret vous baladent, tel un berger ses moutons. Je reste ouvert, en essayant de rester attentif, mais il me paraît de plus en plus évident qu'électron libre je suis, et cette liberté, j'espère pouvoir la mettre à profit pour des causes justes. Énormément de questions me viennent à l'esprit, sur le sens de la vie, les chemins proposés, les choix adoptés, les buts recherchés. Le silence, et pourquoi pas le silence? Un indien prénommé Raju est venu vers moi aujourd'hui et m'a parlé, du fond de son coeur, ai-je eu le sentiment. J'ai réalisé à ce moment que si dans un état de silence je n'étais, je ne pouvais écouter ce qu'il avait à me dire. A mes yeux, le silence signifie méditation; pas besoin de se mettre dans une position inconfortable, telle la position du lotus, pour être. Méditer, c'est être réceptif, ouvert, vide. Pas besoin de silence pour trouver le silence, être, s'ouvrir à ce vide qui est en nous et qui permet à tout d'y entrer et d'en sortir en toute liberté. Pourquoi? Est-ce si compliqué? J'oubliais que l'on recherche très souvent à être plein..., de bonnes intentions, d'amour, de bienfaits, de... un peu de tout ce qui est blanc, pas noir, bien, pas mal, beau, pas laid, on se remplit et à force de se remplir, on frise l'indigestion. Je me comprends, c'est déjà pas mal, c'est bien bordel! J'ai avancé... Vers? Qu'importe. Les gens qui ont peur pour moi ou pour autrui ne font que projeter leur peur (erreur probable, car en général, c'est au pluriel puisqu'une peur en crée une autre et samsara me voilà, je suis tout à toi, tout en toi). L'Inde, tu me parles, tu fais écho en moi, et je comprends mieux désormais pourquoi j'ai attendu si longtemps pour te dire Namaste. Pendant que je vous écris, ils sont en train de creuser un puits pour trouver de l'eau, c'est un problème celui-là, le défi de l'humanité. L'eau. Beau sujet de méditation. Ma muse et moi avons décidé que nous t'avons assez accaparé et te laissons, toi, à tes occupations.Puisses-tu être en bonne santé, puisses-tu aimer, puisses-tu vivre en paix. Ma muse et moi te souhaitons le silence. Namaste. Tashi delek. Philou Bodhgaya 5Salut toi, petit Bouddha,
Parait qu'on est tous des bouddhas, mais la plupart d'entre nous ne le savent pas 18 aprile Bodhgaya 4Hello les tis loups d'Occident, Enfin d'un grand village nommé terre. Je vous oublie un peu, j'avoue. Entre temples, monastères et écoles, bien sûr, entre les visites et les méditations, je tente de m'adapter aux circonstances du Bihar, région dans laquelle se trouve Bodhgaya. Entre deux orages, une tempête et de multiples coupures d'électricité. Sur cette région, il y a pas mal de choses sont à dire, tant cet Etat de l'Inde est déroutant. En premier lieu vous préciser qu'il s'agit de l'état le plus dangereux de l'Inde actuellement, avec le Cachemire. A Bodhgaya, pas de problème, car la cité du Bodhi est un haut lieu touristique et est donc protégée par les autorités hindies. Mais lorsque l'on sort de Bodh, vaux mieux faire attention. Les maoïstes sont très actifs dans la région et dernièrement ces terroristes, bandits ou appelez-les comme vous voulez, se sont mis en tête de plastiquer les gares (une bombe explosait entre Gaya et Patna un jour avant mon départ de Kolkata) et de s'en prendre aux trains, de nuit surtout parce que la police bihari n'intervient pas dans le noir (ha, ah, la belle affaire). Les trains importants sont épargnés mais s'aventurer dans le nord de la province à l'heure actuelle est hautement déconseillé. J'ai toutefois envie, si l'argent de cette chère Helvétie arrive, d'aller à Nalanda et à Rajgir, sur les traces du Bouddha. Il n'y a pas de danger si l'on voyage de jour et pour moi, c'est l'occasion où jamais, comme on dit. J'évite ce mot, comme toujours par ailleurs. Le blues du voyageur, à la mi-voyage, est toujours présent et va probablement s'estomper. Ceci est dû également à des états de santé qui comme le moral vont et viennent, tantôt bons, tantôt bas, très bas. Je fais attention et j'ai choisi de me soigner par l'Ayurveda, médecine traditionnelle indienne. Les troubles digestifs, des intestins au foie en passant par l'estomac, je suis en train d'en faire l'expérience et, de bleu de bleu, c'est pas rigolo. Je fais avec et redouble d'attention sur ce que je mange et je bois. Il faut vous dire que, d'après cette expérience, j'ai l'impression qu'en Inde tout est multiplié par 2, 3 ou ... enfin, c'est trop, de temps en temps et il y en a marre de tous les inconvénients. L'attention nous souffle alors qu'il est risible de voir tout en noir alors qu'en d'autres temps, l'accommodation se faisait beaucoup plus facilement, naturellement même. Oui, tout à fait ma tite attention mais quand je me sens mal dans mon corps, mon esprit s’en donne à coeur joie (encore une expression curieuse) et part dans tous les sens, surtout le négatif. La saleté, le bruit, les mendiants, les incessantes demandes de ces gens qui ne vous foutent pas la paix un moment, les générateurs préhistoriques qui font un potin de tous les diables, les cuisines des restaurants plus sales les unes que les autres, les mecs qui manquent de respect aux jeunes occidentales, les petites frappes qui tentent de vous arnaquer, je peux continuer si vous voulez, la liste est longue vous savez, mais je crois que vous avez compris, tout vous met hors de vous (ah, cette expression-là, je l’aime bien, en fait elle vous fait sortir de vous, vous n’êtes plus en phase avec votre conscience en quelque sorte) et alors, que faire? Attendre que la tempête passe, en se serrant les dents, pourquoi pas... J’ai trouvé autre chose, à Bodhgaya. Tellement d’affinités j’ai avec le bouddhisme, je me suis souvenu qu’il y avait l’arbre et il m’est facile de me rendre dans le Maha Bodhi Temple (le main temple) et cet arbre me fait un bien surprenant. Je suis sans attente, je m’assois, m’apaise, me vide de cette négativité, c’est comme si je déposais ce sac de pierres qu’un souffle venant du plus profond intérieur vient éloigner, et te rappeler que l’esprit est un sacré garnement quand on le laisse faire. Bon, passons à autre chose sans quoi je vous emmène sue le chemin de la contemplation... Oui, les écoles et les enfants. Enseigner... Quand vais-je enseigner? Que vais-je enseigner? Que puis-je leur apprendre de plus que ce qu’ils ont déjà, car assurément l’organisation des écoles est solide, tous les enseignants pratiquent leur(s) matière(s) de prédilection et les enfants sont préparés et formés de telle manière à pouvoir accéder à l’enseignement secondaire, le collège, le lycée ou je ne sais plus comment on dit en Suisse, bref le cycle supérieur. Le système est différent, on compte 10 niveaux de base et ensuite 10+1, 10+2, 10+3 etc. enfin quoi qu’il en soit, cela revient au même partout à mon sens. Philou, dans tout ça, il fait quoi? Peut-être enseigner l’anglais, aux petits sur la base de jeux et de mouvements, croiser les apprentissages , par exemple répéter l’alphabet en y incluant des notions de connaissance générale (géographique par exemple), enfin les idées ne manquent pas. Combien de temps? La réponse est en partie dans les mains de l’administration suisse et si elle est gentille avec moi, après un mois je crois que je vais faire un tour dans le sud de l’Inde. Oui, oui, je change d’avis et Pondichéry et le Kérala me tentent. Je ne peux toutefois pas manquer Varanasi (ex Bénares) et revenir en Helvétie chérie. Retourner à Jaisalmer? Je crois bien qu’en juillet cela relève de l’inconscience pour un homme du nord comme moi. Jaisalmer et Kolkata sont des endroits, si je reviens en Inde, où j’irai bien volontiers à des époques plus propices (en hiver, quoi). Si j’ai l’occasion de faire ce tour en Inde du Sud, j’accompagnerai un être dont je ne vous ai pas encore parlé et je me demande comment cela se fait? Il s’agit d’un voyageur, un de ces gars qui trimbalent leur carcasse avec tout un vécu et qui vous content leurs aventures qui pourraient faire l’objet de dizaine de romans. Son nom? Valentino. Mi-Italien, mi-Français. Ancien légionnaire, ayant dégommé lors de la guerre d’Algérie et depuis, avec un handicap de 50% dû à ses blessures de guerre, et la pension qui en résulte, a fait 3 fois le tour du monde, vient en Inde depuis plus de 30 ans, y a travaillé et habité, a suivi des Samadhis, a vécu sans un rond dans des monastères, bouddhistes et Jaïns, je vous en parlerai dans un autre billet de ces expériences hors du commun. Il connaît très bien le Japon, est un bon vivant, originaire d’Italie du Nord, enfin un personnage haut, très haut en couleurs, et que j’ai vraiment de la chance d’avoir rencontré sur le chemin de la vie. Je vous en parlerai croyez-moi de cet être, j’ai l’impression de vivre un livre que j’ai toujours cherché, jamais trouvé, écrit uniquement en anglais de Brooke, Peter: « Meetings with remarkable mans » (or people, I don’t know). Je vous parlais d’un voyage initiatique, c’est prétentieux, je trouve. Un voyage qui m’ouvre, ce serait plus exact, un voyage qui me libère, un voyage qui me fait voyager tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, un voyage duquel je ressortirai différent, sans nul doute, et ce sur de multiples plans. La vie, je ne la verrai plus avec les oeillères du très présent ego, ce très cher compagnon de route qui nous attache tellement et fait de nous des prisonniers émotionnels, tant limité qu’est notre champ de vision lorsque l’on est sous son emprise. Je crois que ces oeillères sont en train d’éclater et qu’un coup de lumière (on dit bien coup de soleil...) est en train de me tomber dessus. Puisse-t-elle m’éclairer sans m’aveugler. Trop nuit (eh oui, ça va bien là!). Voici ce que j’avais à vous dire today, demain peut-être aurais-je tout autre chose à vous dire; en aucun cas vous ne devriez vous inquiéter pour moi, la confiance est là, et je vis probablement les moments les plus intenses et les plus beaux de ma vie, même si cela ne transparaît pas dans ce que j’écris. Je fais de mon mieux, et il me faut vous dire que les circonstances actuelles que je trouve ici ne sont guère aisées pour la communication, que la chaleur est accablante, que l’énergie n’est pas toujours présente, mais que l’arbre est là, encore pour un moment, comme moi j’espère. Je vous envoie tous mes voeux de bonheur et de paix pour ce temps du renouveau qu’est Pâques. Bises du Bihar. Namaste. Tashi Delek. Philou 17 aprile Bodhgaya 3Hello et Joyeuses Paques a vous tous, Ici Internet c'est pas la joie, je vous prepare un billet mais les coupures d'electricite, les communications lamentables et la chaleur ambiante n'invitent pas a l'effort aussi dois-je vous avouer ma faineantise que j'espere passagere. Je vous embrasse humidement (43 degres) et pense a vous bien souvent. Le coup de blues est toujours la mais ca va changer. Je ne sais toujours pas si je vais enseigner car je ne vois vraiment pas ce que je peux apporter de plus a l'institution mise en place. Namaste et Tashi Delek. A plus et vos comments sont les bienvenus. Merci. Philou 12 aprile Bodhgaya 2Namaste toi, Je suis dans le train entre Kolkata et Bodhgaya, il est 1h55 (oui du mat!) et je pense à toi qui me lis, à qui je dis tellement de chose, celles qui me passent par la tête. Je te parlais dans un billet de liberté, tu te souviens, celle dont Krishnamurti nous entretient dans ce livre tout à fait surprenant de vérité et de simplicité qu'est "Se libérer du connu" ("Freedom from the known" en anglais, je préfère la version anglaise car la traduction aurait pu être "Libéré du connu", à mon sens). Se libérer et libéré sonnent différemment, dans le premier cas, on dirait presque une injonction! La liberté, quel beau sujet de dissertation, tu ne trouves pas? En essayant de trouver le sommeil, eh oui j'ai raté le train (du sommeil... t'inquiète à 5h du mat, c'est pas Paris qui s'éveille comme le chante Dutronc, c'est toi et moi qui nous rendons sur le lieu de l'éveil, et oui, du tronc de l'arbre de la bodhi...). Je me suis dit dans ma tite tièce: Eh Philou, après ces belles paroles et cette belle dissert sur la liberté,, si on te posait la question de savoir quelles sont les limites de cette liberté. Question piège, car elle recèle en elle-même le contraire de la définition de liberté donnée par Krishnamurti. Il vaut mieux, avant de répondre, prendre conscience de la question, et surtout des contrées et des terres sur lesquelles elle vous invite à aller. Il se pourrait que ce soit des marécages, ou pire des sables mouvants (c'est marrant, cette expression qui, dans l'usage en fait est synonyme de mort, lente et atroce, un calvaire quoi... mais des sables immobiles, on ne parle pas, ben oui, il n'y en a pas, de bleu!). Alors, tu reviens à la question tendancieuse que tu as imaginée dans ton tit esprit. En fait, dans mon enfance, épris de liberté que j'étais, je m'étais déjà laissé aller à poser la question des limites de ma liberté et la réponse qui m'avait alors été donnée alors est la suivante: "Ta liberté s'arrête là où la liberté d'autrui commence". Et voilà, aussi simple que ça, mon pote. Radical, en fait Sous les meilleurs auspices, c'est très bien n'est-ce pas de respecter la liberté d'autrui. Il ne s'agit ni plus ni moins que la meilleure façon, espiègle et manipulatrice à souhait, de te dire que la liberté, mon pôvre, elle n'existe pas! Pourquoi dis-je cela? Parce que dans cette réponse, toute la manipulation potentielle est présente et le conditionnement qui y est induit est d'une puissance insoupçonnée. La preuve? La personne qui m'a donné cette réponse n'était sûrement pas mal intentionnée, elle n'avait probablement que répété la réponse qu'elle avait reçue d'une personne à laquelle cette réponse avait été transmise par une personne bien intentionnée qui... Le tour est joué! La manip est réelle, on pourrait même dire que le principe de tradition aussi. C'est étrange comme les sociétés peuvent mélanger les genres et pire, prétendre définir un mot, une notion en y incluant rien de plus que sa négation. Comment peut-on parler de limites alors que l'on parle de liberté? Comment peut-on en définissant le terme liberté asseoir la notion de frontière, frontières qui ne sont autres que des barreaux, ceux qu'on utilise pour les prisons. Tu veux passer telle frontière, te faut un visa mon ami, ou un laissez-passer (un visa de transit qu'on appelle ça ici et maintenant). Ben mon pote, si tu acceptes cette réponse pour argent comptant, te voilà enfermé dans une prison, une belle prison dorée peut-être, mais une prison quand même. La liberté, celle décrite par Krishnamurti, n'a pas de limite car elle ne se détermine pas par un regard orienté vers l'extérieur mais vers l'intérieur. Lorsque cette expérience de liberté intérieure a été réalisée, il est plus que clair que la question posée vous fera sourire et la réponse qui lui est donnée, vous faire éclater de rire. Les choses sont simples, il nous faut s'exprimer correctement et utiliser les mots à bon escient. Liberté contrôlée? Liberté restreinte? Liberté limitée? Mais de bleu, c'est pas de liberté qu'il s'agit, C'est de contrôle, de restriction, de limitation qu'il s'agit. Nul besoin de faire mention d'un terme qui n'a pas sa place associé qu'il est souvent à des mots qui sous-tendent sa non réalité. Cessez de nous manipuler et de nous prendre pour des moutons ignares, juste bons à suivre le troupeau, qui lentement va sûrement droit dans le mur, érigé au nom de notre sacro-sainte humanité. Je laissais un mot de commentaire dans le blog EdlT en posant la question de savoir quand l'humanité prendra conscience de l'inhumanité qu'elle génère? Parler vrai, vous pourriez nous parler vrai, s'il vous plaît? La liberté n'est pas un gâteau qui se coupe en tranche! Galvaudé est le mot liberté, comme le sont les mots amour, compassion, humanité, solidarité, amitié, bonheur. Le sens du mot, l'essence du mot, étymologique certes mais aussi spirituel, philosophique et psychologique. La manip nous guette, mais nous avons la liberté de comprendre, et déjà à ce stade on est dans le domaine de l'être, de l'état, qui inclut l'action car être c'est agir, être n'a rien à voir avec l'inertie. Dans l'état d'être, l'action est. Sans forme, à un moment, prenant telle forme à un autre moment et une autre forme après. Mais action il y a, même lorsqu'elle n'est qu'au stade intérieur, qui est loin d'être le moins intéressant mais comme il n'est que difficilement palpable, et que de concret il nous faut à notre stade d'évolution, cet état d'être, cet état d'énergie prendra une forme. Les batteries sont vides. Reprise du billet... Me voilà à Bodhgaya, dans le "Main Temple", dans le parc, face au stupa érigé juste à côté de l'arbre de la bodhi (bodhi signifie éveil en sanskrit). L'arbre en question, juste pour info, est un figuier pippal, ou "Ficus religiosa" ou encore figuier des pagodes. L'endroit où Siddharta Gautama ou Çakyamuni est devenu le Bouddha, l'Éveillé. Vous expliquer ce que ça me fait est bien difficile et délicat. Je ne peux, faute de mots, ni ne veux entrer dans le détail, ce chemin ne concerne que moi et mon miroir. De surcroît, j'aurais peur de vous ennuyer avec cela. Si quiconque s'y intéresse, il peut toujours m'envoyer un mail et nous pourrons voir si, en ce domaine, la communication est possible. Je peux néanmoins vous dire que, sans présomption, je me sens serein, paisible et silencieux. Rajesh n'est pas là, il revient demain, étant dans le Rajasthan, à Jaisalmer, pour l'inauguration de la nouvelle école. Alors, je visite les temples en évitant les marchands du temple (pas facile tellement il y en a!). Rien de comparable avec Mc Leod Ganj, ici ce sont tous les bouddhistes qui se croisent, c'est un lieu de pèlerinage. Ils viennent de tous horizons, d'Occident bien sûr, d'Europe, des Amériques et d'Asie surtout. Du Tibet, du Laos, de Thaïlande, du Japon, d'Indonésie, des 4 coins de l'Inde, de Birmanie, du Cambodge, enfin je ne vais pas tous les citer. C'est en tout cas haut en couleurs et toutes les écoles et traditions bouddhistes sont représentées. Je ne m'attarderai pas sur le sujet, non que je n'ai pas étudié la chose, mais que je la trouve vraiment rébarbative et ne tarderait pas à nous prendre la tête, je crois et c'est vraiment pas le but. Je reviendrai vers toi selon mes états d'esprit, d'âme, de coeur et de corps aussi. En partant de Kolkata, à nouveau je me suis rappelé que si le corps ne va pas, l'esprit n'a plus à sa disposition son outil, triste comme un orphelin. J'ai récupéré et je vais bien présentement (pourvu que ça dure). De chaleur je t'envoie et le bonheur je te souhaite. Namaste. Tashi delek. Philou Bodhgaya 1Hello les tis lutins, J'y suis au pied de l'arbre du Bouddha. Je termine un billet que j'ai commence dans le train. Je vais mieux, et meme si 45 degres il fait ici vers 13-14 h, le climat me convient nettement mieux que celui de Kolkata. Je vous embrasse bien fort. Merci a vous qui m'ecrivez de si belles choses, je prendrai le temps de vous repondre. Au programme outre les visites des temples, les ecoles bien sur ! Je vous en dirai plus apres les avoir vues. Namaste. Tashi delek. Philou 10 aprile Kolkata 7Bonjour toi, Je me prépare à un nouveau départ, m'en vais prendre la route de Bodhgaya. A nouveau un au revoir à des amis, à nouveau l'adaptation à de nouvelles circonstances de vie, à nouveau de nouvelles rencontres. J'ai l'impression que cela devient mon lot quotidien. Et en ce moment, j'ai un peu le blues, tu sais, le blues du voyageur solitaire, 'On the road again' chante Lavilliers. Mais après cet état d'âme, un autre, c'est la vie. En perpétuel mouvement. Bon, et si je t'invitais cette fois au marché, ça te dit? Des marchés indiens, il y en a à tous les coins de rue, non j'exagère, mais on en voit tellement ici, dans toutes les villes, tous les villages, ils font partie du décor. L'Inde ne serait pas l'Inde sans ses marchés. Qu'ont-ils de particulier? A nouveau, mon ami(e), je t'invite à oublier tes repères occidentaux et à faire place à ton imagination. Des légumes, des fruits, des épices, des poissons, des poulets, des fleurs, des vêtements, des matelas, des piles, bien de choses tu trouveras dans un marché indien. Là où ça se complique, c'est quand tu es attentif aux conditions. Nonante pourcents des produits sont présentés à même le sol. Si tu peux imaginer une voie de circulation indienne, la poussière, les eaux stagnantes, les bouses de vache, les chiens, les chats, les mouches, les moustiques, etc. tu auras une partie du tableau. A cela, tu ajoutes les poulets et les poissons. Pour les poulets, ce qui dérange, c'est qu'ils sont vivants et qu'on les égorge devant toi, et de les découper, enfin il faut avoir le coeur bien accroché. Et des taches de sang partout sur la route. Pour les poissons, c'est l'odeur mon ami(e), nous comprenons mieux la BD Astérix maintenant et pourquoi ils n'aiment pas le poissonnier (je me souviens plus de son nom...). Même tes godasses en sont imprégnées de cette si suave odeur. Et la chaîne du froid, c'est, disons, aussi loin que "l'Étoile du Nord" ici. Ce qui est le plus curieux, c'est qu'après la répulsion, le dégoût, le constat, t'arrives à un état de curiosité, et si attention tu fais, une multitude de choses viennent à toi, la vie quotidienne indienne, faite de tant de choses inédites pour nous et qui, lorsque l'on accepte de se laisser transporter par cette vague, ce sont les côtés positifs qui prennent le pas, et de sentir ces épices, de voir ces gens discuter, marchander, travailler, casser la glace avec des maillets en bois (on est pas dans "Basic Instinct"!, faire de leur mieux afin de préserver leurs produits, à la lumière d'ampoules ou de lampes à huile, certains faisant même brûler de l'encens pour embaumer l'atmosphère... Un marché indien, c'est un morceau de vie empli de chaleur, d'odeurs, de lumière, de sourires, de disputes (il est rare que cela dépasse certaines limites, on se prend le bec, on pousse la gueulante, et voilà tout). J'ai repris ce billet à ce stade ce lundi, jour de mon départ à Bodhgaya. Comme le lundi, le café internet est fermé, c'est probablement de Bodhgaya que je le publierai. Ben non, il est ouvert ce lundi... Petit(e) veinard(e)! (hum, hum, hum...ilité). Pourquoi ai-je attendu si longtemps? Ben, j'ai été vraiment malade ces deux derniers jours. Un état grippal si je puis dire, maux de ventre et de tête, et une seule envie, dormir, dormir et encore dormir. Ça va mieux, quelques médicaments et même si je ne suis pas à 100%, je vais bien mieux. Encore heureux, parce que si j'avais été dans cet état pour le trajet, je me demande comment j'aurais fait tant je me sentais vide d'énergie. Kolkata me convient, j'aime cette cité, mais c'est son climat qui ne m'aime pas. Il y a réelle incompatibilité entre ce climat chaud et très humide et mon corps qui, même s'il a tenu le coup la plupart du temps, sera content de se trouver dans des contrées plus sèches. La seule chaleur ne me pose pas trop de problèmes, et je crois que je m'y adapte avec facilité, mais cette humidité qui vous prend aux bronches (un de mes points faibles...), la transpiration ininterrompue, sauf lorsque tu fais fonctionner le ventilateur, mais lorsque tu choisis cette option, le risque que tu prends est de... prendre froid! Et ce courant d'air peut également créer quelques maux tels que courbatures, rhumatismes, maux de tête, de dos... Et les maux de ventres qui te tenaillent l'estomac, le foie et les intestins, tu ne sais plus où tu as mal, un peu partout dira-t-on. On ne sort pas facilement indemne de telles conditions climatiques ou alors faut-il un temps d'adaptation plus long (je parle pour moi, bien sûr). Mais même, ce climat tropical, c'est pas pour moi. Bref, salut Kolkata, Bonjour Bodhgaya! On va aller voir l'arbre, tu sais l'arbre où, dit-on, Shakyamuni a reçu l'illumination et est devenu le Bouddha, "l'Éveillé". Je t'en parlerai plus tard, je termine mon sac à dos, et m'en vais prendre le train à Howrah Station, la plus grande gare d'Asie. Heureusement, Sashi, un ange d'EdlT (un parmi tant d'autres), qui m'a reçu comme un Petit Prince, m'accompagne et je suis en de bonnes mains, crois-moi. Merci, Sashi, merci Mimi, merci à tous ces gens des Écoles qui m'ont tant donné, tant appris, merci Tanya, ma coloc hyper sympa et avec laquelle je me suis entendu sans problème aucun, merci enfin aux enfants, à leurs sourires et leur joie de vivre, qui m'ont aidé à traverser des lieux abominables, que l'on croirait tirés de films d'horreur. Merci la vie. Je te le dis, à toi, la vie, je tenterai d'être (j'aimerais écrire je serai, mais n'est-ce pas présomptueux et prétentieux?) digne de ce que tu viens de m'apporter. Merci et bisous à toi qui me lis. Puisses-tu sourire à cette vie comme ces enfants des slums, en toute innocence. Namaste. Tashi delek. Philou 08 aprile Kolkata 6Hello les ti loups,
Je vous publie un ti billet pour vous dire que je fais un ti break. J'ai le blues, tout a fait normal m'a-t-on dit, du voyageur de longue duree. Mal du pays, de la solitude, enfin le blues quoi, mais ca va passer. Et il y a ces circonstances meteo qui frisent le delire pour debut avril. Bon lundi j'ai mon ticket et pars a Bodhgaya. Devinez, il fait encore plus chaud la-bas, 5 degres de plus, soit entre 40 et 45. Mais au moins la-bas, il n'y a pas ce taux d'humidite de folie de Kolkata. Voila je vais me reposer, je reve d'une brise printaniere de nos pays, voire d'une bise vivifiante. Le monde a l'envers, quoi! Bisous, je reviens vers vous avant mon depart, frais et dispos (comment vais-je faire pour "frais"?). A plus. 06 aprile Kolkata 5Coucou les tis lutins, Puree qu'est-ce qu'il fait chaud ici... Pour le blog photos, vous pouvez oublier, car ca prend trop de temps, ca coute cher donc, et le resultat n'est pas satisfaisant a mon gout. Sorry mais il vous faudra attendre mon retour. Positif j'ai comme une grosse bièce oublié ma clé USB au café internet. Euréka, je l’ai retrouvé. Un petit mot me vient à l’esprit: ceux qui véhiculent le bruit qu’en Inde, ce sont des voleurs vous mentent. Délibérément ou par ignorance, les hindis dans l’énorme majorité sont honnêtes, et si vous évitez les pièges des bandes organisées (trains, gares), si vous êtes attentifs, vous avez bien moins à craindre ici que dans certaines villes européennes, Genève et Bruxelles y compris. Pas la peine de citer les banlieues françaises. Si vous voulez vous faire du mouron, libre à vous, mais cela me paraît bien inutile. Je me suis senti plus en sécurité dans un Slum à Kolkata qu’à la gare de Lyon, à Paris! Positif je vais bien et suis complètement remis au niveau de mon ti ventre. Je pète la forme et pourtant il fait une chaleur absolument étouffante dans cette ville. Qu’est-ce que ça doit être en été, en juin, juillet et août, je ne peux imaginer. Déjà que maintenant, la plupart des gens se traînent... Ce qui est curieux, c’est que votre serviteur semble moins incommodé par ces conditions que la plupart des autochtones (à croire que j’ai été hindi dans une autre vie...). Négatif et oui, mon incapacité à gérer un budget est réelle et il est possible que je doive par conséquent avancer ma date de retour dans le vieux continent. Néanmoins, ayant déposé mon dossier pour devenir indépendant, par l’entremise de Maria, que je remercie vivement, il est fort probable que je puisse libérer mon 2ème pilier très bientôt et donc sauvé je serai. Cela dépendra du talent de persuasion de mon épouse (si elle trouve le temps) et surtout du bon vouloir de l’administration cantonale. Je fais le voeu que l’issue soit positive et rapide (pourvu que ce ne soit pas un vaudois qui traite le dossier! rires...). Le péril n’est pas imminent, je peux encore tenir 15 jours avant de préparer le retour, ce qui me chagrinerait fortement, non que je n’ai pas envie de vous revoir, mais je crois avoir encore tant de choses à voir, à faire, à apprendre ici. Positif et oui, les amis, il y a des affaires à faire en Inde. J’ai vu hier la qualité des tissus (100% coton et soie, satin) que je pouvais me procurer et faire confectionner des vêtements par des ateliers pros que je visiterai samedi ainsi que par des mamans d’enfants des Ecoles, qui inutile de vous préciser, sont dans le besoin (que le mot est faible!). Cela correspondrait en tous cas à mon envie d’aider de manière concrète le projet EdlT. A voir avec Martial (qui me repete que Mada c'est encore plus pauvre que l'Inde, j'en suis pantois!), bien entendu. Mais je vous disais que bleu comme j’étais il était quasi impossible d’initier des relations d’affaire avec l’Inde. Oui mais... Mimi, responsable avec Sashi d’EdlT à Kolkata, m’a proposé de s’associer au projet et donc, avec les connections qu’elle a ici en Inde, le problème qui me semblait insurmontable au départ s’évanouit, simplement. Il va nous falloir investir un minimum pour commencer et s’investir un maximum pour enclencher tous les rouages de la machine, mais si cela marche comme je pense, tout le monde y trouvera son compte. Et le projet peut prendre une dimension considérable et concerner plusieurs continents, mais pas de plans sur la comète, nous ne sommes qu’au point de départ, ne pensons pas au développement futur sans nous concentrer sur ce qui est à faire dès à présent. Si Christine me lit, si Thierry me lit, et si des personnes ont quelques idées ou projets et manifestent un intérêt pour cette affaire, faites-le moi savoir par mail, je vous répondrai avec plaisir ( phil211060@yahoo.fr).Positif je me suis fait à la nourriture indienne. Le Dal (préparation à base de lentilles et de légumes), le Curry (pas comme en Occident, ici c’est un plat en sauce, préparé avec toute sorte d’aliments: poulet, poisson, pousses de bambou, légumes), les tandoori (morceaux de viande macérés dans un yaourt épicé et pimenté et cuits au four) et le Masala Dosa (succulent... Coucou Martial! crêpes de farine de lentilles et de riz farcies avec des légumes, pimentés et épicés, plat du Sud de l’Inde) et les Pakora, boulettes de viande ou de legumes. Je mange beaucoup de pain grillé (à la poêle), beaucoup de fruits (ma maman et mes ex ne me croiront pas!) et... du chocolat (pas mauvais, mais c’est quand même un comble pour un belge vivant en Suisse, vous trouvez pas?). Mais je vous mentirais en omettant de dire que j’ai déjà rêvé d’un repas occidental que je verrais bien ainsi... Une bonne bière belge en apéro (la bière hindi est pire que la suisse, c’est tout dire (c’est pas dit méchamment, mes tis amis helvètes)), des gambas à l’ail (à la portugaise), une entrecôte à l’os poêlée (viande irlandaise ou argentine), des frites (devinez d’où...), une salade mixte bien rafraîchissante, un plateau de fromage (ah du roquefort... et bien d’autres bien sûr) accompagnés d’un bon cru de rouge, français (Hospice de Beaune, par exemple). Arrête de rêver à ça, de bleu! Errata oui encore, le Gange, je l’ai traversé hier, sur le fameux pont suspendu, et donc Kolkata est bien traversée par le Gange, j’ai difficile avec le nom de la ville et ce fleuve indien et ses innombrables affluents. Positif j’ai le temps de vous faire un billet du tonnerre, humilite tu me tiens (rien que pour vous... Hep, c‘est pas vrai, pour moi aussi), alors si vos petits yeux ne sont pas trop fatigués, que vous êtes disponibles et si vous en avez envie, en voiture Simone! Histoire Vous vous souvenez? (je trouve que c’est une bonne introduction après un titre pareil) Politique La dynastie Nehru-Ghandi La lignée politique la plus célèbre du pays., dont plusieurs Premiers Ministres mais dont les liens familiaux ne sont pas ceux qu’on croit souvent. D’ailleurs, le plus célèbre, le légendaire Mahatma, n’a rien à voir dans l’histoire. Fondateur de cette lignée, Motilal Nehru (1861-1931) présida 2 fois le Congrès National Indien. Son fils, Jawaharial Nehru (1889-1964), disciple du Mahatma (mais avec lequel il a de profondes divergences politiques, notamment sur la partition et les conditions de l‘indépendance), lui succède en 1929 et entre dans l’histoire en devenant le premier Premier Ministre de l’Inde indépendante. Sa fille, Indira Ghandi (1917-1984), 2 fois Premier Ministre, n’est donc pas celle du Mahatma Ghandi mais l’épouse d’un certain Feroze Ghandi, avocat n’ayant aucun lien de parenté avec le Mahatma. (Vous suivez?) Un nom qui l’aura sûrement aidé à son ascension politique. Elle accède au pouvoir en 1966 et y revient en 1980. En juin 84, elle lance l’armée indienne à l’assaut du Temple d’Or d’Amritsar, saint des saints du sikhisme et bastion des séparatistes armés. Cette opération, nommée Blue Star, fait des centaines de morts et provoque une répression terrible, y compris dans la capitale Delhi. En représailles, Indira Gandhi est assassinée par des extrémistes sikhs présents parmi ses gardes du corps (!). La même année, son fils Rajiv Gandhi (et donc petit-fils de Nehru (vous suivez toujours, cela donne le tournis, non?) devient Premier Ministre. Il commence son mandat par le tragédie de Bhopal et sera assassiné en 1991 par des Tamouls. Dernière de la lignée: Sonia Gandhi, veuve de Rajiv, originaire de Turin! Ses origines italiennes l’ont invitée à refuser le poste de Premier Ministre en Mai 2004, pour qu’elle se sente en sécurité (!). Ça rigole pas, le milieu politique indien... Sri Aurobindo (1872-1950) Fils d’un médecin de campagne. Envoyé à l’âge de 7 ans en Angleterre pour ses études. Revient à Calcutta, diplômé de Cambridge, et enseigne le français et l’anglais. Ne pouvant tolérer la colonisation anglaise, entre en politique. Leader du parti extrémiste, il passe 1 an en prison et se réfugie en France en 1910 où il restera jusqu’à sa mort et où il connaîtra une 2de vie spirituelle. Ayant beaucoup cogité en prison, il est convaincu que l’occupation de son pays n’est qu’une facette d’un problème beaucoup plus vaste, la transformation de l’être humain:’L’homme est un être transitionnel’ dit-il en prêchant la ‘nouvelle évolution’, celle d’un monde qui serait régi par l’esprit. En quelque sorte le précurseur du New Age. En 1920, il est rejoint par ‘La Mère’, une Française qui sera sa plus fidèle disciple et construira l’Ashram qui porte son nom à Pondichéry. Lord Mountbatten (1900-1979) Membre de la famille royale d’Angleterre et dernier vice-roi des Indes. Il est resté dans l’histoire comme l’architecte du partage de l’Empire des Indes (partition à laquelle le Mahatma était vivement opposé), entre Inde et Pakistan (sujet polémique puisqu’il a donné naissance au conflit cachemiri, toujours actuel. Il est arrivé en plein mouvement de libération, dans la bataille entre les traditionalistes (pour une Inde anglaise) et les progressistes (pour l’Indépendance). Il se range du côté des seconds. Ce qui lui vaudra des ennemis mais ce qui permet à l’Angleterre de se retirer avec élégance (!). Il fut assassiné par l’IRA en 1979, au large des côtes irlandaises. Le Maharadjah Sir Hari Singh (règne 1925-1947) Réputé cruel, il était au pouvoir dans l’État du Cachemire au moment de la partition en 1947. Il doit faire le choix de rattacher son État, très majoritairement musulman, à l’Inde ou au Pakistan. Il opte en dernière minute pour l’Inde en obtenant une promesse de referendum pour déterminer plus tard à qui irait le Cachemire. Préconisée par l’ONU en 1948, cette consultation n’a jamais eu lieu, l’Inde jugeant que la signature du Maharadjah était largement suffisante pour légitimer son autorité. Deux guerres et plus de 30000 morts plus tard, la question du Cachemire est toujours dans l’impasse. Phoolan Devi (1963-2001) Connue comme ‘La Reine des bandits’ elle est pour le moins controversée. Héroïne ou opportuniste, c’est selon. Née dans un petit village de l’Uttar Pradesh (voir carte), elle est mariée à l’âge de 11 ans (les filles sont mariées très jeunes en Inde! Ce n’est pas ici que je trouverai ma future compagne...A propos, il n'y a pas une lectrice interesse? ...rires...Ah, ce filou) et est enlevée par des bandits avec lesquels elle vit quelques années. Kidnappée à nouveau en 1980, par des truands de hautes castes, elle est battue et violée par un groupe pendant des jours. L’année d’après, elle forme sa propre bande et massacre une vingtaine de propriétaires terriens de la caste Thakur, à titre de vengeance. Sa cavale durera 2 ans. Accusée de 50 meurtres, elle passe 11 ans en prison, sans jamais avoir été déclarée coupable (!). En 1994, elle se remarie et un an plus tard est élue Député de sa région! En 2001, elle est assassinée à Delhi... Encore un assassinat! Arts Rabindranath Tagore (1861-1941) Poète - Écrivain - Philosophe Né à Calcutta dans une famille aisée (Calcut est la ville la plus culturelle de l’Inde). Il publie un 1er recueil de poèmes à 17 ans et deviendra le plus grand écrivain de l’époque coloniale, accumulant poèmes, nouvelles, romans et pièces de théâtre. Il écrivait en bengali mais traduisait lui-même ses oeuvres en anglais. En 1913, il reçoit le prix Nobel de la littérature et sacré chevalier par le roi GeorgeV en 1915. Il renonce en 1919 à ce titre pour protester contre le massacre d’Amritsar où 400 manifestants indiens sont abattus par l’armée anglaise. Ravi Shankar (1920) Musicien Ambassadeur de la musique indienne, mondialement reconnu comme musicien et compositeur hors pair. Musique traditionnelle de son pays avec d’autres genres venus de l’Occident. Il a initié de nombreux artistes dans le monde et en inspire bien d’autres. On l’a vu à Woodstock et avec les Beatles notamment. Son instrument? Le sitar. A 86 ans, il parcoure encore et toujours le monde entier. Dernièrement, son sitar a été volé lors d’un voyage, drame national... Satyajit Ray (1921-1992) Cinéaste Né à Calcutta. Compte parmi les 12 cinéastes considérés comme les plus grands maîtres du 7ème Art. Tourne exclusivement en bengali. Il est reconnu pour son humanisme, sa finesse à dépeindre les relations humaines, les émotions, les conflits... En 1955, fait un tabac avec ‘Pather Panchali’ en Inde et dans le monde entier. Grand ami de Tagore. Arundhati Roy (1961) Écrivaine Figure de proue des écrivains anglo-indiens, càd. des indiens écrivant en anglais. Best seller mondial en 1997 avec le roman ’Le Dieu des petits riens’. Femme qui suscite de nombreuses polémiques de par son caractère ‘engagé’. (J’en connais d’autres...sourires) Economie La dynastie Tata Groupe Tata qui dure depuis 5 générations et qui touche quasiment tous les secteurs de l’économie. Tout, auto, camion, avion, savon, thé, pharmacie, chimie, radio, électronique, textile, chaîne d’hôtel, partout vous voyez du Tata, ça vous laisse baba! Bon je m’arrête ici. Je ne sais plus ce dont je vous ai parlé pour finir, j’écris tellement! A vous, car je n’ai pas encore commencé mon roman, fainéant que je suis! Vous ai-je parlé des vaches sacrées? Vous ai-je mentionné la citation de Michaux sur la mendicité? Enfin, ce que je sais c’est qu’il me reste à vous parler des religions (une tartine, j’vous dit pas!), du rôle de la femme (il y en a qui vont être surprises) et de Kolkata. Des langues aussi. Mais un peu de répit, là ça fatigue, et vous? Merci, grand merci de votre attention et de vos commentaires. A ma tite famille, on arrive pas à lire l’entièreté des commentaires. Il faut aller à la ligne, je crois, sinon le texte continue sur la droite et on ne peut le voir. Enfin, pas grave, je fais des copier-coller. Je vous embrasse, ne prenez pas froid, j’ai entendu que le bonhomme hiver n’avait pas décidé de s’en aller... Namaste. Tashi Delek. Bisous les lutins. Philou 05 aprile Blog Photos 3
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